Méthode Vol de retour • Entretien avec Pierrick Aupinel, directeur de l’Unité Expérimentale Apis INRAE

Par Itsap-Com, le 13 juillet 2021

Entretien avec Pierrick Aupinel, partenaire du test circulaire européen pour la validation officielle du test de retour à la ruche. Il est le directeur de l’Unité Expérimentale Apis INRAE, basée sur le site du Magneraud en Nouvelle Aquitaine, notamment en charge de la mise au point de méthodes d’évaluation du risque pesticides sur abeilles. Son unité a validé deux méthodes d’évaluation de la toxicité larvaire à l’OCDE.

Vous étiez impliqués dans le test circulaire de la méthode « vol de retour »  à plus d’un titre ?

L’unité a participé au développement de la technologie RFID en tant que partenaire de plusieurs programmes R&D déployés sur une dizaine d’années afin d’étudier le comportement de l’abeille. Ainsi, nous ne sommes pas intervenus uniquement comme participant au test circulaire. Nous étions par ailleurs impliqués dans la formation des laboratoires à la méthode et à la réalisation d’expérimentations supplémentaires pendant toute la durée du test, pour apporter les informations techniques nécessaires à sa validation.   

Vous avez l’expérience du travail de validation à l’OCDE avec le test larvaire. Votre regard sur cette même démarche appliquée à la méthode « vol de retour » ?

Le sentiment dominant est celui d’avoir participé à la validation du premier test évaluant les effets de doses sublétales sur les abeilles. Cette standardisation prolonge bien le travail remarqué en 2012 (Henry et al.) et auquel nous avions participé. L’approche scientifique est ici reprise avec certains ajustements et simplifications afin que que la méthode puisse être accessible et praticable par tous. Si la validation du test larvaire nous demandait de résoudre certaines difficultés, c’était pourtant plus simple, compte tenu des conditions contrôlées de laboratoire. Je pense que l’aboutissement du test « vol de retour » à la ruche était un vrai challenge du fait des conditions de terrain. Personne n’a baissé les bras, pas même côté participants au test circulaire. Un autre fait remarquable a été la préparation collective entre les partenaires de cette expérimentation en vue de la soumission de la méthode à l’OCDE.

Comment s’est passée la réalisation du test de votre point de vue ?

Quand on participe à ce type de test pour valider une méthode, on se heurte à des difficultés inhérentes à l’exercice. Cela permet d’avancer en mettant en lumière les points d’amélioration nécessaires pour arriver à une méthode aboutie. Cela demande indéniablement de la persévérance !

Et comment avez-vous vécu la validation de cette méthode ?

C’est une grande satisfaction. Valider un test complexe, recherchant des effets plus fins, soumis à davantage d’aléas et intégrant également des critères de validité qui diffèrent de ceux des tests standards classiques, ouvre des perspectives pour d’autres méthodes. En quelques années, c’est le 3ème test que la France arrive à faire valider à l’OCDE. Outre cette reconnaissance à l’international, nous devenons plus expérimentés dans ces processus de validation.