Une thèse pour mieux connaître les cires à usage apicole

Par Itsap-Com, le 20 janvier 2017

Une thèse d’exercice vétérinaire co-encadrée par l’ITSAP-Institut de l’abeille et le Ministère d’agriculture (CGAAER[1]) a été réalisée en 2016 sur les cires à usage apicole.

Dans la ruche, la cire est un intrant important au contact direct des abeilles, du couvain et du miel. La contamination de la cire par des molécules chimiques ou des agents pathogènes constitue un enjeu réel pour la santé des colonies d’abeilles. Agnès SCHRYVE, élève de l’École Nationale de Santé Vétérinaire a soutenu le 16 décembre 2016 sa thèse vétérinaire sur le sujet des cires à usage apicole. Cette étude exploratoire s’est concentrée sur le circuit de la cire et détaille certains points particuliers considérés comme facteurs de risque au regard de la qualité sanitaire et technologique de la cire. Cette thèse s’est notamment intéressée aux questions suivantes : la question de la définition de la cire,  son process et sa qualité, les acteurs concernés et le circuit de la cire, la problématique spécifique de la cire en apiculture biologique.

Cette thèse s’est basée sur une étude bibliographique et sur l’analyse d’un nombre important de données recueillies auprès d’acteurs variés, notamment :

  • des acteurs de la filière apicole conventionnelle ou biologique, notamment des apiculteurs, des ciriers, des GDSA (Groupement de Défense Sanitaire Apicole), des syndicats apicoles départementaux, des ADA (Association de Développement Apicole), des laboratoires d’analyses, …
  • d’autres parties prenantes : des agents de DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations), de PIF (Poste d’Inspection Frontalier), des OC (Organismes Certificateurs), l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité),…

Sans être représentatifs et/ou exhaustifs de chaque population d’acteurs apicoles, les résultats permettent cependant d’avoir un premier aperçu des pratiques actuelles. Les rencontres et entretiens avec les acteurs de la filière apicole ont permis :

  • de récolter des informations techniques peu ou pas décrites jusqu’alors dans la littérature (procédé de transformation des ciriers), d’identifier les principaux flux et acteurs du circuit de la cire à usage apicole en France, leur organisation et leurs pratiques,
  • de mettre en évidence des points faibles au regard de la qualité des cires, qu’ils soient réglementaires, scientifiques ou pratiques, et
  • de donner des pistes d’action pour améliorer leur qualité.

Cette étude a mis en évidence un manque de normes et de critères fiables permettant d’évaluer la qualité d’une cire et utilisables par les acteurs de la filière apicole. L’amélioration de la cire doit aujourd’hui passer à la fois par le respect des bonnes pratiques individuelles (apport exclusif de cires d’opercules, bonnes pratiques apicoles) mais également par un état des lieux de la contamination des cires françaises permettant de définir des critères en résidus définissant l’acceptabilité d’une cire.

Pour en savoir plus et consulter la thèse complète d’Agnès Schryve

[1] Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux