Projet d’Etude des Cas de Loque Européenne Atypique (ECLEA)

Par Itsap-Com, le 1 août 2018

Projet d’Etude des Cas de Loque Européenne Atypique (ECLEA)

Projet d’Etude des Cas de Loque Européenne Atypique (ECLEA) : L’ITSAP – Institut de l’abeille et la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV) accompagnent l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses) pour la recherche de cas cliniques de loque européenne dans les ruchers d’apiculteurs.

L’étude, initiée en 2017, a été relancée au printemps 2018 (voir http://blog-itsap.fr/etude-loque-europeenne-atypique/) et relayée par différents réseaux (ADA, GTV, etc.). Voici un point d’étape sur les réceptions de prélèvements alors que la collecte d’échantillons se poursuit jusqu’à la fin de l’été.

Depuis l’annonce du renouvellement de l’étude des cas de loque européenne atypique(1) en France en avril 2018, l’Anses de Sophia Antipolis a reçu treize prélèvements issus de neuf ruchers et provenant de sept apiculteurs. Cela représente une nette amélioration de la collecte d’échantillons par rapport à 2017 lorsque quatre prélèvements étaient parvenus depuis deux sites. Cette année, les cas proviennent des régions : Nouvelle Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire et Grand Est. Aucun retour n’a cependant été obtenu de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’où sont provenus plusieurs signalements les années précédentes. Tous les signalements n’ont cependant pas fait l’objet d’un envoi d’échantillon et des relances ont été effectuées auprès des apiculteurs et vétérinaires qui ont signalé de tels cas cette année, mais aussi auprès de ceux qui ont signalé des cas les années précédentes.

Les données recueillies montrent qu’une atteinte du couvain ouvert et operculé est systématiquement observée. L’atypie de ces cas semble être associée à la persistance des affections au cours de la saison mais aussi sur leur apparition répétée d’une année à l’autre, une hypothèse que cette étude devrait nous permettre de confirmer ou d’écarter si un nombre significatif de cas nous parviennent. Dans certains cas, des larves mortes sous les opercules et une réponse positive au test de l’allumette (symptômes généralement associés à la loque américaine) ont pu être observés sans mise en évidence de l’agent causal de la maladie, la bactérie Paenibacillus larvae, mais bien de(s) agent(s) associé(s) à la loque européenne (Melissococcus plutonius, agent causal, et Paenibacillus alvei, agent secondaire). Ces résultats montrent l’importance de la confirmation en laboratoire pour le diagnostic des loques.

Les informations collectées au travers du questionnaire doivent par ailleurs permettre de caractériser les cas (ex : période d’observation, récurrence, virulence de la maladie, impact sanitaire) et d’identifier certaines conditions particulières (ex : disponibilité en ressources, caractéristiques de l’emplacement de rucher, modalités de gestion sanitaire des colonies atteintes et du matériel par les apiculteurs) susceptibles d’être associées à l’apparition de loque européenne atypique. Actuellement parmi les participants à l’étude seuls 38 % des apiculteurs déclarent observer de tels symptômes chaque année ; les autres ne l’observent qu’une année sur deux, alors que dans 38 % des cas il s’agissait de la première observation de la maladie. Il sera sans doute nécessaire de poursuivre cette étude afin notamment de consolider les données recueillies et d’effectuer un suivi des cas dans le temps.

Nous remercions grandement l’ensemble des acteurs (apiculteurs, ADA, vétérinaires…) qui ont contribué à faire remonter des informations et des prélèvements. Un bilan général présentant l’analyse des données leur sera envoyé à la fin du projet.

L’étude ECLEA se poursuit jusqu’à la fin de l’été et il est encore possible d’envoyer des cadres symptomatiques de loque européenne atypique (uniquement) pour une analyse gratuite par l’Anses ! Contactez votre ADA, votre vétérinaire ou l’Anses pour connaitre la marche à suivre et obtenir les documents nécessaires pour envoyer un prélèvement à l’analyse.

Contact ITSAP : julien.vallon@itsap.asso.fr

Contact Anses : lnr.abeille@anses.fr

(1) Certains cas d’affection du couvain diffèrent des descriptions classiques de la loque européenne : symptômes récurrents d’une année à l’autre, qui perdurent dans le temps témoignant d’une virulence particulière. Ces cas peuvent aussi être confondus lorsque le couvain operculé est atteint et que les larves mortes prennent une consistance « gluante » proche du caractère filant de la loque américaine.