Point d’étape sur le renouvellement du cheptel, dans le cadre du projet Durapi

Par Itsap-Com, le 19 mars 2018

Cet article a été rédigé par Benjamin Basso (ITSAP), Coline Kouchner (INRA, ITSAP) et Cécile Ferrus (ITSAP).

De nombreuses autres personnes et différents partenaires ont été ou sont impliquées dans les différentes expérimentations Durapi : ITSAP (Charlotte Rüger), INRA Abeilles et Environnement (Yves Le Conte, Jean-Luc Brunet, Anne Dalmon, Marianne Cousin, Virginie Diévart), INRA Ecodéveloppement (Marc Tchamitchian). Alain Vignal (INRA GenPhySE, Toulouse) contribue également.
Plusieurs techniciens apicoles de l’ITSAP ont également été impliqués en 2017 : Anne-Laure Guirao, Antoine Sudan, Céline Gaillard, Pierre Lamy et Diane Roriz. L’expérimentation sur la fécondation a été réalisée dans le cadre des stages de M2 d’Auréline Burc (2016) et de Sophie Hache (2017).

Point d’étape sur le renouvellement du cheptel, dans le cadre du projet DurapiDémarré en 2016, le projet Durapi¹ porte sur la durabilité des exploitations apicoles professionnelles. Un travail participatif est en cours, avec différents acteurs de la filière pour étudier comment peut se définir la durabilité en apiculture et comment la caractériser et l’évaluer à l’échelle des exploitations. Par ailleurs, un focus sur les pratiques de renouvellement du cheptel est intégré au projet : étant donné l’importance de ce renouvellement dans le fonctionnement actuel des exploitations, quelles conséquences peuvent avoir ces pratiques sur la durabilité des exploitations ?

Les performances des différentes stratégies de renouvellement doivent être mesurées, pour apporter des éléments de réponse quant à leurs conséquences en termes de durabilité pour l’exploitation.  Pour cela, deux actions principales sont menées en lien avec le renouvellement :

  • Enquêtes sur la caractérisation des stratégies de renouvellement du cheptel existantes, et l’estimation de conséquences socio-économiques de ces stratégies (temps et organisation du travail, aspects économiques, adaptabilité du fonctionnement aux aléas annuels), au regard du fonctionnement global de l’exploitation.
  • Expérimentations sur l’impact technique de différentes stratégies et pratiques de renouvellement : conséquences du renouvellement des reines dans les colonies, de l’environnement de fécondation des reines en lien avec la mise en place de ruches à mâles, et de l’origine des reines utilisées.

Dans l’article complet sont présentées les 3 expérimentations ci-dessous.

Expérimentation sur le renouvellement des reines dans les colonies

En 2016, une expérimentation a débuté visant à comparer d’un point de vue technique, sanitaire, mais aussi d’un point de vue organisationnel sur deux stratégies de gestion du renouvellement du cheptel. La moitié des 120 colonies intégrées dans l’expérimentation est remérée artificiellement tous les ans par une introduction de reines issues d’élevage (modalité de gestion dite « contrôlée »), tandis que l’autre n’a pas de contrôle du remérage (modalité de gestion dite « extensive »).

Comme prévu, toutes les colonies de la modalité de gestion « contrôlée » ont été remérées en fin d’été 2016 puis 2017. Il s’avère que le remérage naturel est assez important quelle que soit la modalité de gestion, environ 50 % des 60 reines introduites à l’automne 2016 dans la modalité « Contrôlée », ont été renouvelées naturellement avant l’automne 2017 et 70 % des 60 reines dans la modalité « Extensive ».

Il s’agit bien sûr de premiers résultats, mais les tendances observées incitent à poursuivre l’expérimentation sur une durée plus longue.

Expérimentation sur l’environnement de fécondation des reines et l’importance des ruches à mâles

Une expérimentation sur l’importance des ruches à mâles pour maîtriser la fécondation des reines a été menée. Dans cette étude, le premier objectif est de déterminer si la distance, ainsi que l’orientation par rapport à un rucher à mâles, ont une influence sur la réussite de la fécondation de la reine et la qualité de cette fécondation. Le second objectif est de déterminer l’origine génétique des pères ayant fécondé les reines de l’expérimentation : les faux-bourdons fécondant les reines sont-ils bien issus des ruches à mâles, ou d’autres ruchers dans les environs ?

Illustration 1 : Carte des emplacements des ruchettes à féconder (rouge) par rapport aux ruches à mâles (bleu)

Illustration 1 : Carte des emplacements des ruchettes à féconder (rouge) par rapport aux ruches à mâles (bleu)

 

 

Parmi les résultats originaux déjà obtenus, on peut citer des observations de rassemblements de mâles. En effet, des rassemblements de mâles ont été observés sur tous les ruchers de fécondation, ainsi qu’à différents endroits entre les ruchers. D’autre part, ni la distance, ni l’orientation n’ont influencé directement la réussite de la fécondation des reines (44 reines fécondées sur 45 reines vierges) ou la qualité de celle-ci.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Expérimentation sur l’origine des reines utilisées

Dès 2015, un lot de reines « exotiques » a été intégré à la station de contrôle de performances de l’ITSAP-Institut de l’abeille afin de les comparer aux reines issues de sélections locales. Ces reines, testées en 2016, proviennent d’une des origines les plus vendues en France. L’objectif est de comparer un système d’exploitation achetant des reines dans le commerce sans autres critères que la disponibilité et le prix, aux systèmes se basant sur un travail de sélection local. La comparaison sera faite de manière globale, sans chercher à expliquer les différences observées par un paramètre précis (race, conditions d’élevage, de transport, etc…).

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