Pertes de colonies hiver 2016, premiers résultats

Par Itsap-Com, le 20 janvier 2017

Depuis 2008, l’ITSAP réalise une enquête afin d’estimer les pertes hivernales de colonies en France. Pour quantifier ces pertes, étudier les causes, harmoniser les méthodes et les résultats, le réseau scientifique européen Coloss a constitué le groupe de travail « Monitoring ». L’ITSAP est associé à cette démarche et communique ses propres résultats.

Les animateurs du groupe de travail

Le groupe de travail est coanimé par Robert Brodschneider de l’Institut de Zoologie à l’Université de Graz (Autriche) et Alison Gray du département de mathématiques et statistiques de l’Université Strathclyde de Glasgow (Écosse), avec l’implication de Romée Van der Zee du Centre de Recherche sur les abeilles aux Pays-Bas. Plus d’une vingtaine de pays européens, dont la France, ont diffusé l’enquête Coloss pour l’hiver 2015/2016, ainsi que la Turquie et Israël.

En France, une approche différente

La méthode de Coloss diffère de celle adoptée par l’ITSAP, notamment concernant la définition de colonies « perdues ». Coloss ne prend pas en compte les colonies non-valeurs, c’est-à-dire trop faibles pour intégrer le circuit de production, contrairement à l’ITSAP  qui est plus pragmatique par rapport aux pratiques des apiculteurs professionnels.

L’ITSAP a ainsi communiqué le chiffre de 20,2 % de pertes hivernales en 2016 lorsque Coloss ne considérait que 13,4 % de pertes. La différence correspondant aux colonies faibles en sortie d’hiver, soit 6,8 % des colonies hivernées.

Une large participation

29 pays ont donc participé à l’enquête Coloss. La méthodologie d’enquête repose sur la diffusion la plus large du questionnaire auprès des apiculteurs via des questionnaires accessibles sur internet, dans les revues, auprès de grossistes… 19 952 réponses apiculteurs ont répondu à des questions sur la survie et d’autres paramètres. 421 238 colonies d’abeilles hivernées étaient concernées.

Les résultats

Le taux de pertes global en sortie d’hiver est estimé à 12,0 % (+/- 0,2). Ce chiffre concerne des colonies retrouvées mortes ou dépeuplées ou ayant un problème de reine que l’apiculteur n’a pu résoudre. La France avec 13,4 % (+/-1,3 %) de pertes en moyenne ne se distingue pas de la moyenne européenne.

Des pertes plus importantes chez les apiculteurs hivernant moins de 50 colonies

Le nombre de colonies hivernées par chacun des répondants a été analysé comme facteur de risque. De façon générale et dans la plupart des pays participants à l’enquête, les petits cheptels (de 1 à 50 colonies) ont eu significativement plus de pertes que les cheptels moyens ou importants.

Des facteurs de risque restant à identifier pour cette année

Pour 2016, les faibles températures du printemps et de début d’été 2016 dans le nord de l’Europe expliqueraient les niveaux élevés de pertes dans ces pays. Mais d’autres facteurs de risque ne sont pas exclus comme le rôle du parasite Varroa. En France, les pertes du fait d’un problème de reine concernent 3.8 % des colonies hibernées en 2016. Nos futures investigations étudieront comment le renouvellement des reines en cours de saison permet de limiter ce risque.

Retrouvez tous les chiffres de cette étude ainsi que la bibliographie des cartographies dans l’article complet