Mooc Abeilles et environnement : record sur le nombre d’inscrits !

Par Itsap-Com, le 21 juin 2019

Piloté par Agreenium, le Mooc Abeilles et environnement a été ouvert le 23 avril dernier et a enregistré un nombre impressionnant d’apprenants : 13000 personnes se sont inscrites.

Agreenium, l’institut agronomique, vétérinaire et forestier de France, est un établissement public de coopération qui réunit 14 établissements d’enseignement supérieur agricole et 4 instituts de recherche et d’expertise autour des agrobiosciences. Philippe Prévost y est en charge de la coopération numérique et à ce titre, coordonne la mise en place des outils de formation digitaux.

– Qui a participé au Mooc Abeilles et environnement et comment se passe l’élaboration d’un tel support pédagogique ?

Philippe Prévost : Le Mooc Abeilles et environnement a été initié dans le cadre du plan apicole, à la demande des professionnels et du Ministère de l’Agriculture, et porté par l’école vétérinaire Oniris. Y ont collaboré l’ANSES, l’INRA, Agrosup Dijon, ENSFEA Toulouse et bien sûr l’Itsap, qui avait toute sa place par sa connaissance des abeilles et les outils développés autour de ce sujet.
L’élaboration est ensuite une belle aventure collective, qui a duré environ 18 mois. Le Comité de pilotage, regroupant des représentants de toutes les structures, se réunit pour construire l’architecture du Mooc, puis écrire le scénario de chaque module hebdomadaire. Ensuite on précise les ressources disponibles, déjà conçues par les différents partenaires : textes, visuels, supports pédagogiques, multimédia, simulation. Soit on reprend des éléments existants, soit on en crée de nouveaux. Dans tous les cas, il y a une véritable interaction entre les pilotes des modules et tous les acteurs du projet.

-13000 inscrits, c’est un score jamais atteint pour vous. Comment l’expliquer ?

P.P C’est vrai, c’est un succès ! Chaque structure a bien communiqué sur ses réseaux et nous l’avons annoncé au dernier salon de l’agriculture, sur le stand de l’ANSES. L’objectif était de diffuser des informations vulgarisées, mais objectives sur cette thématique. L’abeille suscite des débats souvent passionnés, nous souhaitions donc mettre en place un outil de savoir accessible, fondé sur des éléments scientifiques.

– Comment est organisé ce Mooc Abeilles et environnement ?

P. P. Il se déroule sur 5 semaines, correspondant à 5 thèmes, chacun étant porté par un pilote. À ce titre, l’Itsap, très engagé, fut pilote de 2 thèmes sur 5 : 1 – Biologie des abeilles (INRA), 2 – Relation des abeilles avec leur environnement (INRA), 3 – Pratiques apicoles (Itsap), 4 – Santé de l’abeille domestique (ANSES et Oniris), et 5 – Marché et produits apicoles (Itsap).
Les modules comportent différents supports : textes à lire, exercices, vidéos, forums pour échanger avec les autres apprenants, que nous appelons des Moocers, questions/réponses avec les enseignants, représentés par un binôme Agreenium/Agrosup. L’idée est de ne pas dépasser 2 heures de travail hebdomadaire pour l’apprenant et de rompre la monotonie, seul derrière son écran. Nous cherchons donc à maintenir la motivation en variant les supports en permanence.

– Quelles sont les validations prévues pour vérifier les acquis des Moocers ?

P. P. A la fin de chaque semaine, ils répondent à un quizz en ligne et à l’issue du parcours, qu’ils doivent effectuer dans une durée donnée, ils reçoivent une attestation de suivi. Ce n’est pas un diplôme, mais on voit de plus en plus d’attestations figurer sur les CV.

– Le Mooc Abeilles et environnement a ouvert le 23 avril. Est-il toujours accessible ?

P.P. Non, son accès est fermé pour de nouveaux inscrits. Ceux qui n’ont pas terminé le cursus peuvent toujours y aller, en revanche. Et il y a aura une nouvelle session l’an prochain. Il sera également utilisé en formation initiale par les organismes partenaires et valorisé auprès d’autres structures pour des formations continues. Par ailleurs, nous sommes en contact avec un éditeur pour, peut-être, publier un ouvrage qui prolongera les cours en ligne. Nous pensons que certains Moocers apprécieront d’avoir un livre en complément.

– Au-delà du succès en termes d’inscription, que retenez-vous de cette expérience collective ?

P. P. Le Mooc est un outil extraordinaire pour faire travailler les gens ensemble. En amont, pendant la phase de conception, entre les différentes structures participantes, et pendant le déroulement, entre Moocers. Souvent ils vérifient leurs connaissances entre eux, ils échangent, ils s’entraident. En cours de cursus, nous les avons aussi sollicités sur des sujets controversés, comme les pesticides. Nous leur avons demandé de co-construire des arguments sur ce thème. C’est passionnant de pouvoir interagir comme ça à distance et cela fonctionne très bien !

Pour plus d’informations sur l’équipe pédagogique et le contenu des cours (les inscriptions sont closes) :