Mieux connaitre le Groupement des Producteurs de Gelée Royale

Par Itsap-Com, le 11 décembre 2020

Créé en 1995 pour promouvoir la production de gelée royale en France, le groupement compte maintenant une centaine d’adhérents. Il a mis en place une charte de qualité et participe à des travaux de recherche dans une démarche d’amélioration continue.

Ingénieure agronome, Ludivine Forge a intégré l’équipe du Groupement des Producteurs de Gelée Royale (GPGR) l’an dernier. « Aujourd’hui nous sommes 3 salariés au sein du groupement, qui a été créé par 5 apiculteurs producteurs de gelée royale. À l’époque ils souhaitaient développer la filière et se structurer face à des importations massives. L’association poursuit toujours ces objectifs et a pris de l’ampleur puisque nous compterons près de 120 adhérents en 2021. »

– Pouvez-vous nous rappeler les missions du GPGR ?

Ludivine Forge : Le groupement conduit des actions afin d’améliorer les conditions de production, de conditionnement, de promotion ou de vente de la gelée royale produite par ses membres. Il participe et impulse également des travaux de R&D pour mieux connaitre ce produit et ses propriétés, identifier les conditions pouvant le modifier ou l’altérer. L’association promeut la GRF pour se démarquer des gelées importées et met en valeur le savoir-faire de ses apiculteurs.

Nous fournissons à nos adhérents du matériel de production, de la génétique adaptée à la production de gelée royale et des supports de communication ainsi que des informations issues de la recherche scientifique. L’une des principales réalisations du GPGR est la création d’une marque collective GRF Gelée Royale Française® et d’une charte de qualité qui garantit la qualité, l’authenticité et la traçabilité du produit aux consommateurs.

– Cette charte est donc très exigeante. Quels en sont les points essentiels ?

L.F. Elle encadre le travail de l’apiculteur depuis la ruche jusqu’au conditionnement afin d’obtenir un produit de qualité. La gelée doit tout d’abord être issue d’une exploitation apicole produisant en France, dans le respect de l’abeille et de l’environnement. Cela impose à la fois la non-utilisation de certains produits (pesticides, herbicides, antibiotiques, entretien des ruches…) pour éviter tout risque de résidu dans la gelée royale, mais aussi un nourrissement naturel de l’abeille avec les aliments naturels (pollen, miel). La charte intègre également des contraintes sur la conservation. La gelée ne pourra être vendue sous marque GRF que si elle n’a subi aucune congélation, transformation ou mélange.

Elle prévoit également des contrôles sur plus d’une centaine de points, comme l’entretien du rucher, l’hygiène, l’étiquetage… Enfin, la traçabilité tout au long de la chaîne de production garantit l’origine de la gelée.

– Quelles sont vos missions au sein du Groupement ?

L.F. Je m’occupe de la gestion de l’association (recherche de financements, animation du conseil d’administration…) et je coordonne les actions menées au niveau du GPGR avec le réseau des ADAs, ADA France, l’ITSAP et InterApi (Interprofession). Je participe également aux travaux internationaux de normalisation via l’Association française de normalisation AFNOR. La gelée royale fait l’objet de nombreuses fraudes. Nous nous efforçons donc d’œuvrer afin de rendre l’affichage de l’origine obligatoire, au moins au niveau français, comme cela a été fait pour le miel. Nous œuvrons aussi à l’élaboration d’une nouvelle norme, la première ayant été établie en 2016, après plus de 8 ans de travaux. C’est un projet important mené par plusieurs pays, dont la France. Nous sommes soutenus pour nos projets depuis de nombreuses années par FranceAgriMer et le programme apicole européen.

– Concernant la recherche, que mettez-vous à la disposition de vos adhérents ?

L.F. Sur les sujets technico-économiques, un de mes collègues collabore avec l’Itsap-Institut de l’Abeille sur le RER (Réseau d’Exploitations de Référence), afin d’élaborer des cas-types et des références. L’Itsap nous a accompagnés aussi sur le fonctionnement de notre schéma de sélection génétique des abeilles, dans le but d’améliorer la production. La crise financière de l’Itsap en 2017-2018 l’a contraint à abandonner cette action, c’est désormais l’INRAE qui nous accompagne sur la sélection. Et nous avons mené des études avec l’Itsap concernant l’impact de que pourrait avoir la génétique sur le taux d’acide gras présent dans la gelée royale, cet acide gras (le 10-HDA) étant susceptible d’avoir des propriétés sur la santé.

– Quels sont les critères génétiques recherchés par les producteurs de gelée royale ?

L.F. La douceur des abeilles, pour qu’elles ne soient pas agressives lors des travaux sur le rucher, nombreux en production de gelée royale. L’autonomie alimentaire puisque la Charte qualité exclut un nourrissement artificiel. La résistance sanitaire des colonies est aussi un critère important, en particulier contre varroa. Et bien sûr, des abeilles nourrices qui seront de bonnes productrices. Pour cela, nous réalisons chaque année de nouveaux croisements et la génétique est diffusée auprès de nos adhérents soit par greffage, soit en achetant des reines fécondées ou inséminées issues de ce plan de sélection. Le plan de sélection se déroule à l’échelle nationale et la génétique qui en découle s’acclimate bien aux différents environnements retrouvés en France.

– Des projets ?

J.F. Les travaux actuels avec l’Itsap portent sur le Réseau des Exploitations de Référence et en 2021, nous co-encadrerons un stage sur la traçabilité des produits de la ruche, principalement le miel et la gelée royale. L’idée est dans un premier temps, de réaliser un état des lieux de ce qui existe, et ensuite de recueillir les attentes de la filière à ce sujet.