Lutte contre le frelon asiatique : l’ITSAP mène deux études

Par Itsap-Com, le 4 mai 2018

Depuis son arrivée à l’ITSAP en 2016, Sophie Pointeau travaille, en collaboration avec le MNHN, sur la problématique du frelon asiatique à travers deux expérimentations distinctes : l’une sur le piégeage de printemps, l’autre sur une méthode de destruction des nids. Point d’étape.

Evaluation du piégeage des reines fondatrices au printemps

Cette étude est menée depuis plus de 2 ans maintenant sur trois départements – le Morbihan, la Vendée et les Pyrénées-Atlantiques, et la collecte des informations continuera en 2018 de manière à disposer d’un maximum d’éléments. Sophie Pointeau : « Nous faisons appel à la science participative pour conduire cette étude grâce à des bénévoles coordonnés par des partenaires locaux (FDGDON du Morbihan et de la Vendée, ADAAQ). Ils relèvent plusieurs types de données sur le terrain : la capture des femelles fondatrices, un inventaire des nids de frelons asiatiques et la pression de prédation dans les ruchers. A partir de là, nous allons mettre en relation ces informations pour voir si le piégeage influe sur le nombre de nids des prédateurs ou pas. »

Sophie rappelle que le piégeage reste une méthode controversée et non validée par le ministère de l’agriculture. Mais elle est souvent pratiquée sur le terrain car certains apiculteurs la jugent efficace. L’enjeu de l’étude est de tester si le piégeage des fondatrices fait baisser le nombre de nids. « Sur les 3 ans du projet et les 1500 sites de piégeages visés, nous pourrons peut-être répondre à cette question », espère Sophie qui, depuis son arrivée à l’Itsap, est mobilisée sur les prédateurs de l’abeille. « J’aimerais comprendre ce qui cause le déclin de certaines colonies et dans ces pertes, la part que l’on peut attribuer aux bio-agresseurs, notamment au frelon asiatique. »

Développement d’une méthode de destruction de nids par des appâts empoisonnés

Initialement l’expérimentation de terrain devait consister à tester en conditions réelles l’efficacité d’un appât contaminé avec un insecticide pour détruire un nid. Face à la difficulté de mettre en application cette démarche, notamment car il est souvent inacceptable pour les citoyens de ne pas détruire un nid pour des raisons expérimentales, la stratégie a dû être revue. Sophie va lancer désormais l’expérimentation avec des nids de frelons élevés en captivité, une méthode développée à l’INRA de Bordeaux. Elle aura donc sous la main tous les moyens de contrôler plus efficacement cette technique de destruction.

Comment procède l’Itsap ? « Nous avons mis au point des appâts empoisonnés à base de protéines. Pour cela, il a fallu choisir des molécules actives qui soient potentiellement efficaces sur le frelon asiatique mais avec un impact minime sur l’environnement, sur les oiseaux par exemple susceptibles de manger les larves de frelons. Maintenant nous allons proposer ces appâts aux nids de frelons élevés en captivité. Le principe est simple : les ouvrières de frelons prélèvent de l’appât et le rapportent au nid pour nourrir les larves, ces dernières devraient à terme mourir sous l’effet du produit testé. »

L’étude étant conduite durant la période été-automne 2018, les résultats ne seront pas connus avant 2019.