Fin de l’enquête en ligne « Apiculture et Numérique »

Par Itsap-Com, le 16 avril 2019

Notre enquête en ligne « Apiculture et Numérique » relatives aux attentes des apiculteurs concernant les outils numériques de demain, diffusée le 14 février 2019, a récolté plus de 400 réponses exploitables. Prévoyant de développer des outils numériques pour accompagner techniquement les apiculteurs dans leurs pratiques, l’ITSAP souhaitait ainsi connaître les principales attentes des apiculteurs afin d’imaginer des outils adaptés.

Les résultats de cette enquête représentent donc une base de travail solide, d’autant plus qu’elle semble représentative des différents types d’apiculteurs existants, à en juger par le nombre de ruches possédées par les répondants et les productions réalisées sur les exploitations (Figure 1).

Nous allons dorénavant exploiter les données acquises en mettant en perspective ces résultats selon, par exemple, le profil des apiculteurs répondants. Les résultats feront l’objet d’une communication.

En attendant, nous restituons ici une synthèse des nombreux commentaires recueillis.

Figure 1 : Nombre de ruches possédées par les répondants (à gauche) et type de production par répondant (à droite, question à choix multiple).

Chercher la simplicité

De manière générale, les répondants ont exprimé la volonté de voir naître des objets numériques qui ne tournent pas à « l’usine à gaz ». L’ergonomie (la facilité de prise en main) est ainsi un élément clé pour le succès d’une application numérique. Répondre aux besoins de chacun, de l’apiculteur de loisir possédant une dizaine de ruches à l’exploitation regroupant plusieurs apiculteurs gérant ensemble un millier de ruches, implique de rechercher une richesse en fonctionnalités, tout en restant simple d’utilisation. La réussite consistera à concevoir un outil paramétrable qui s’adaptera aux besoins de l’utilisateur au plus près de ses attentes personnelles.

La saisie au rucher

Ce critère semble être un facteur clé pour nombre d’apiculteurs. Certains ne veulent pas entendre parler de saisie au rucher sur smartphone (ou tablette) en raison du travail avec les gants, la propolis et de l’encombrement, tandis que d’autres utilisent d’ores et déjà de tels dispositifs (notamment la combinaison tablette – stylet). De notre côté, nous avons pour objectif de développer une saisie vocale adaptée aux bruits ambiants du rucher (potentiellement à l’aide d’un kit « main-libre »), ce qui n’interdira pas la saisie via tablette et stylet, ou encore le fameux « papier-crayon » au rucher pour une saisie ultérieure sur ordinateur. Quoiqu’il en soit, la phase d’enregistrement des données sur le rucher devra s’appuyer sur plusieurs possibilités.

Confidentialité des données

Comme on pouvait s’y attendre car c’est un point sensible, la question « Qui aura accès à mes données ? » est clairement posée. Pour répondre à cette question sensible, le propriétaire des données devra pouvoir décider de leur destination.
L’acquisition de données collectées par les apiculteurs a pour but d’améliorer nos connaissances sur les pratiques et sur les évènements qui touchent les ruchers, dans toute leur diversité, pour construire des références techniques au plus près « de la vraie vie ». Les premiers destinataires des données seront donc les structures techniques et de développement de l’apiculture.
Un exemple très concret de ce que nous pourrions faire avec ces données est proposé par l’USDA sur son site (https://bip2.beeinformed.org/survey/) dont nous comptons nous inspirer. Nous pensons que les apiculteurs au sens large pourraient bénéficier d’un tel outil, et que cela rentre dans les missions de l’ITSAP et de son réseau de développement de l’apiculture.
Les données devront être rendues anonymes, pour respecter l’obligation légale (Règlement Général de Protection des Données). Plus particulièrement, les coordonnées géographiques précises des ruchers peuvent être considérées comme une information personnelle car l’apiculteur propriétaire peut être identifié grâce à elles. À ce titre, elles ne peuvent pas être communiquées. Donc l’emplacement des ruchers devra être enregistré pour pouvoir détecter des phénomènes sanitaires (par exemple, surmortalité de colonies localisées dans une zone), mais il ne doit pas apparaître dans les résultats.

La liste des services fournis par l’outil étant longue, nous les établirons avec des apiculteurs partenaires du projet. Parallèlement, de nombreux répondants à l’enquête ont exprimé leur souhait de suivre les avancées de notre projet, donc nous envisageons de nous tourner vers ces personnes pour préciser les attentes.

Remerciements

De très nombreux apiculteurs ont adressé leurs encouragements et ont souligné le besoin réel d’accompagner l’apiculteur via le numérique. Nous tenions à les remercier sincèrement car leurs commentaires positifs ont raffermi notre orientation.