Etudes et perspectives pour lutter contre le varroa

Par Itsap-Com, le 2 février 2017

L’UMT PrADE conduit des travaux destinés à caractériser les effets de Varroa destructor sur les colonies notamment son lien avec les virus de l’abeille domestique. L’article complet précise les techniques développées et validées pour suivre l’impact du parasite. Des essais permettent de mesurer les traitements et les stratégies. Mais la solution pourrait aussi venir de certaines abeilles naturellement résistantes.

Varroa : relations hôte-parasite

Le varroa est une menace de premier plan pour les apiculteurs. En quelques mois, le parasite peut détruire totalement une colonie. L’article co-signé entre l’INRA, l’ADAPI et l’ITSAP revient sur les origines et caractéristiques du varroa et notamment sur son cycle de développement, dont chaque stade impacte différemment sur le couvain et l’adulte.

En Nouvelle-Zélande, une étude a également démontré que «l’arrivée du varroa correspond à une augmentation du nombre d’espèces de virus dans les colonies (…). Nous avons pu montrer que l’arrivée du varroa correspond à une augmentation du nombre d’espèces de virus dans les colonies, passant en moyenne de 1,6 à 3,1 espèces différentes de virus par colonie ».

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Evolution de la population de varroas phorétiques au cours de la saison apicole 2015 (n = 90 colonies). © ITSAP.

L’évaluation du niveau d’infestation

Les causes ont été cernées, il s’agit à présent de mesurer l’impact. Trois méthodes sont généralement employées pour évaluer la pression parasitaire sur les colonies, soit la charge en varroas phorétiques, soit la charge en varroas reproducteurs, soit la mortalité naturelle des varroas. Les travaux de l’UMT se sont concentrés sur la mesure de la pression liée aux varroas phorétiques et de la mortalité naturelle. Un outil, nommé VarEval, a été créé par l’UMT pour faciliter et fiabiliser le dénombrement des acariens morts tombant sur le plancher des ruches.

Les méthodes de lutte actuelles

Plusieurs méthodes sont aujourd’hui employées : les conventionnelles à base d’acaricides de synthèse, les biologiques à base d’acides organiques ou d’huiles essentielles, et les mécaniques ou populationnelles. Les études se sont concentrées sur deux axes pour essayer de comprendre les éventuels problèmes d’efficacité des moyens de lutte et parvenir à mieux contrôler le varroa dans les colonies : la réussite des traitements en saison et en fin de saison. L’article complet apporte de nombreuses précisions sur ces mesures.

Vers la sélection de populations d’abeilles naturellement résistantes

Les abeilles capables de lutter naturellement contre le varroa représentent une perspective prometteuse et durable. Les recherches menées sur ce thème mettent en évidence plusieurs « voies de résistance » soit en agissant sur le cycle de reproduction du parasite, soit en adoptant un comportement hygiénique. Ce dernier consiste notamment à désoperculer les alvéoles et éliminer les couvains infestés par le varroa. Il s’agit là d’un comportement qui a un déterminisme génétique que l’on tente d’identifier. Une fois que nous pourrons évaluer facilement et de façon fiable la résistance des colonies à varroa, les éleveurs pourront sélectionner les souches adéquates.

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Illustration des deux étapes impliquées dans le comportement hygiénique, après la détection de la présence du varroa à l’intérieur d’une alvéole operculée. © INRA, F. Mondet.

Lire l’étude complète « Varroa : son impact, les méthodes d’évaluation de l’infestation et les moyens de lutte »

Auteurs : Mondet F., Maisonnasse A., Kretzschmar A., Alaux C., Vallon J., Basso B., Dangleant A., Le Conte Y.