Etude de cas : Exploitation individuelle, production de miel, prestations de pollinisation, circuits de commercialisation variés et diversification

Par Itsap-Com, le 21 novembre 2019

Dans le cadre des travaux du Réseau d’Exploitations de Référence et du projet Durapi, l’ITSAP diffuse une première étude de cas d’une exploitation.

Les études de cas ont pour objectif de détailler à la fois les caractéristiques techniques et économiques, mais aussi le temps et l’organisation du travail d’une exploitation apicole donnée. L’étude de cas est un exemple de mode de fonctionnement correspondant à des choix et des pratiques cohérentes dans un contexte défini.

Le système décrit ici est en « rythme de croisière » et se base sur l’observation d’une exploitation enquêtée entre 2015 et 2017. Il a été construit collectivement, en se basant sur les données du Réseau d’exploitations de référence de l’ITSAP (réseau technico-économique – RER) et au travers d’une enquête Bilan Travail réalisée dans l’exploitation, dans le cadre du projet Durapi.

Les enquêtes Bilan Travail sont issues d’une adaptation, dans le cadre du projet Durapi, de la méthode Bilan Travail (INRA/IDELE) à l’apiculture.

Présentation de l’exploitation

L’apiculteur vise 5 à 6 miellées par an : en début de saison, les colonies sont placées sur des miellées de printemps, acacia et/ou colza. Ensuite, elles sont placées sur sarrasin et sur châtaignier. Selon les années, les colonies peuvent aussi produire du miel de forêt, de carotte et de tournesol. Au total, 6,2 tonnes de miel sont produites en moyenne par an.

L’apiculteur réalise également des prestations de pollinisation sur des semences potagères de plein champ, qui engagent en moyenne au total 53 colonies par an pendant environ 5 semaines.

L’exploitant commercialise son miel à 56 % en demi-gros, 28 % en vente directe, et 16 % en vrac. Il produit aussi 23 kg de pain d’épices et des bougies et effectue de l’achat-revente de gelée royale, de bonbons, de cosmétiques et de savons.

L’exploitant (membre de la cellule de base) travaille à temps plein sur l’atelier apicole, 312 jours par an. Il bénéficie d’une aide bénévole pour le conditionnement du miel, ainsi que d’une aide familiale pour les marchés.

Chiffres clés de cette étude de cas

TECHNIQUES

Rendement en miel : 27 kg / colonie mise en production
Productions : 6,2 tonnes de miel
Prestation de pollinisation : en moyenne 78 € HT / colonie engagée
Nourrissement : 2,2 kg équivalent sucre par colonie hivernée
Traitement contre Varroa : Apivar ® (fin d’été)
Taux de pertes hivernales : 10% (variable)

ECONOMIQUES (hors taxe)

Montant du chiffre d’affaires et des aides non amortissables : 55 200 € HT (soit 230 € / colonie mise en production)
Charges totales : 36 750 € HT (soit 153 € HT / colonie mise en production)
Excédent Brut d’Exploitation : 39 050 € (soit 163 € / colonie mise en production)
Résultat courant : 30 500 € (soit 127 € / colonie mise en production)

Pour consulter cette étude de cas

Nous remercions l’ensemble des partenaires du Réseau d’exploitations de référence (RER) et du projet Durapi pour leur engagement et leur expertise ainsi que les apiculteurs qui ont accepté de donner de leur temps pour aider la filière à acquérir des données de références sur le fonctionnement des exploitations apicoles professionnelles.

Rédaction article : Constance Beri, Cécile Ferrus, Chloé Juge et Coline Kouchner
Contact : constance.beri(a)itsap.asso.fr et cecile.ferrus(a)itsap.asso.fr

UMO : Unité de main d’œuvre
Equivalent sucre : les produits distribués pour le nourrissement glucidique des colonies n’ont pas tous des concentrations en sucres équivalentes. Un taux de conversion est utilisé pour obtenir une quantité en « kg équivalent sucre », il correspond au taux de concentration en sucre du produit.
Produit brut : valeur des productions vendues ou stockées et des éventuelles subventions d’exploitation.
Excédent brut d’exploitation : différence entre le produit et les charges hors amortissements et frais financiers.
Résultat courant : indicateur de la rentabilité économique. Il est obtenu à partir de l’EBE auquel sont soustraits les amortissements et les frais financiers (frais financiers non pris en compte ici).
Résultat disponible : à partir de l’EBE, on retire les annuités des emprunts long et moyen terme ainsi que les charges financières (frais financiers court terme et agios). Il correspond à la somme disponible pour les prélèvements privés (salaires notamment) et pour le développement de l’exploitation (autofinancement).