Etat des lieux sur les cires à usage apicole utilisées en France

Par Itsap-Com, le 5 juillet 2017

En 2016, les cires d’abeille utilisées ont fait l’objet d’une étude, réalisée par Agnès Schryve, encadrée conjointement par le CGAAER, l’ITSAP-Institut de l’abeille. Elle avait pour objectifs de connaître le circuit de la cire en France, les acteurs et leurs rôles, de mettre en évidence des points à risque, de proposer des pistes d’action pour améliorer la qualité.

La cire, un intrant majeur en apiculture

La feuille de cire gaufrée est un intrant utilisé par une grande majorité d’apiculteurs. Ils doivent alors souvent acheter de la cire non originaire de la leur exploitation. Mais qu’en est-il de sa qualité sanitaire ? Cette cire peut en effet contenir des contaminants, véhiculer des agents biologiques tels que des bactéries ou des parasites et être responsable de conséquences sanitaires et économiques importantes. La présence de cires fortement contaminées par des pesticides au contact du couvain a un effet néfaste sur le développement de la larve et la longévité des reines.

Qu’en est-il de la réglementation sur la cire ?

La cire n’est pas considérée comme une denrée alimentaire, il n’y a donc pas de seuil à respecter concernant les contaminants. Néanmoins, la cire est un sous-produit apicole de catégorie 3 dont la transformation requiert un agrément.
Retrouvez dans notre article le schéma retraçant les différentes étapes du circuit de la cire.

Principaux points à risque

Une qualité dépendante des difficultés d’approvisionnement

Qu’elle vienne de France ou de l’étranger, la qualité de la cire achetée n’est pas toujours assurée, car les contrôles aux frontières concernent uniquement les agents biologiques et n’attestent pas de la qualité chimique de la cire.

La majorité des ciriers ne dispose pas de l’agrément sanitaire

Lors de cette étude, onze ciriers et une société coopérative et participative ont été identifiés. Seul un professionnel possède l’agrément sanitaire pourtant obligatoire. Trois ciriers ont accepté de nous accueillir dans leur atelier de transformation pour nous montrer leur manière de travailler. Les pratiques observées témoignent d’une démarche d’amélioration de la qualité des cires.

Des analyses de cire trop peu souvent réalisées

À titre d’exemple, sur un échantillon d’environ 130 apiculteurs, seuls 3,4 % ont déjà réalisé des analyses de résidus de médicaments vétérinaires et 1,6 % des analyses de résidus de produits phytosanitaires.

Comment améliorer la qualité des cires utilisées ?

  • Maîtriser la qualité de la cire (recyclage de la cire d’opercules en circuit fermé, utilisation de matériel adapté, traçabilité des cires achetées…).
  • Objectiver la contamination des cires utilisées en France, et leur adultération (cires végétales).
  • Proposer des moyens et des outils pour les acteurs de terrain de la filière (par exemple, des méthodes d’analyse performantes).
  • Caractériser et réglementer la cire utilisée en production biologique (notamment en définissant des seuils en résidus chimiques).
  • Développer la production de connaissances et encourager la recherche sur l’impact de la qualité des cires sur la santé des colonies, ainsi que sur la maîtrise des contaminants chimiques dans les cires.

Conclusion

Le renouvellement des cadres et la gestion différentielle des cires selon leur qualité sont déjà effectués par certains apiculteurs et ciriers. Des structures de collecte existent et conseillent également leurs adhérents sur la gestion des cires. Toutefois, les difficultés auxquelles font face certains apiculteurs suite à la mauvaise qualité de leur cire révèlent les limites de la situation actuelle. L’amélioration de la qualité de la cire repose aujourd’hui sur une action commune et une coopération entre les différents acteurs de la filière, renforçant et généralisant ainsi des bonnes pratiques.

Auteure : Agnès Schryve

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