Entretien avec Axel Decourtye, Directeur scientifique et technique de l’ITSAP

Par Itsap-Com, le 8 mars 2018

Au dernier Salon International de l’Agriculture, Axel Decourtye a présenté l’ouvrage collectif qu’il a coordonné : « Les abeilles, des ouvrières agricoles à protéger » (co-édition La France Agricole et ACTA). A cette occasion, une table-ronde a été organisée pour illustrer les actions mises en place sur le terrain entre apiculteurs et agriculteurs.

Combien d’auteurs ont participé à ce livre et quel en est le propos ?

Axel Decourtye : Nous sommes 19 auteurs et notre objectif était de recenser et vulgariser les connaissances actuelles sur les interactions entre abeilles et agriculture. Pour réaliser cet état des lieux, nous nous sommes appuyés sur les projets et études de l’UMT PrADE, pilotés par l’ITSAP ou ses partenaires, qui portent notamment sur la pollinisation ou les ressources exploitées par les abeilles dans les agrosystèmes. L’ouvrage, préfacé par Yann Arthus-Bertrand, traite des abeilles domestiques et sauvages et le dernier chapitre présente des solutions à mettre en place par les cultivateurs pour améliorer la protection des abeilles et développer l’apiculture.

Quel type d’actions par exemple ?

A.D. Cela peut passer par l’enrichissement de la flore, c’est un premier levier qui a été étudié dans le cadre du projet INTERAPI. L’autre axe est bien sûr de réduire l’usage des intrants afin de diminuer l’exposition des abeilles aux pesticides toxiques. Nous expérimentons de telles mesures à travers le projet DEPHY-Abeille.

Comment ce livre a-t-il été accueilli au Salon de l’Agriculture ?

A.D. Notre table-ronde est celle la plus visionnée sur YouTube, avec plus de 2700 visites. Notre propos est plus nuancé que l’image traditionnellement véhiculée qui voudrait que l’agriculture soit forcément pénalisante pour les abeilles. Le livre et la table-ronde que nous avons animée montrent justement qu’il y a des bénéfices réciproques car si l’apiculture a pu se développer en France, c’est bien grâce aux cultures. Nous avons d’ailleurs intitulé la table-ronde : « Abeilles et agriculture, pour sortir du conflit. »

Qui était autour de la table ?

A.D. Franck Aletru, Président du syndicat national d’apiculture, Laurent Bourdil, Président de l’Anamso, l’association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses, et moi-même. L’idée était de montrer que sur le terrain, les actions locales permettent concrètement de concilier performance agricole et protection des abeilles. Cela correspond bien aux changements de pratiques agricoles exprimées lors de ce salon. Dans cette perspective, l’abeille symbolise cette mutation nécessaire de l’agriculture, qui doit nous nourrir sans pénaliser la biodiversité et ses bienfaits.

Prêt à reconduire cette expérience d’écriture collective ?

A.D. C’est un fameux challenge de coordonner 19 auteurs mais j’ai adoré ! Ecrire pour vulgariser l’état de nos connaissances est tout à fait agréable, cela valorise nos travaux et les rendra, j’espère, accessibles à tous.

Visionner la vidéo de la table-ronde

Livre disponible sur les sites :

d’Acta éditions : acta-editions.com https://acta-editions.com/shop/product/les-abeilles-des-ouvrieres-agricoles-a-proteger-1478
Réf Acta editions : B863

des Editions France Agricole : https://www.editions-france- agricole.fr/site/gfaed/ELEVAGE gfaed.4464.35280/fr/boutique/produit.html
Référence GFA : 921804

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