Corrélation entre la disponibilité des ressources polliniques et la santé des abeilles

Par Itsap-Com, le 14 novembre 2016

garance

Les systèmes d’agriculture intensive exposent souvent les abeilles domestiques à de grandes variations dans la disponibilité des ressources nutritives. Quels sont les effets de ces variations sur leur santé ?

Les systèmes d’agriculture intensive influent sur la quantité, la qualité et la diversité des ressources nutritives. Une telle irrégularité nutritionnelle affecte-t-elle la santé des abeilles domestiques (Apis mellifera L.) ? Nous avons donc testé en conditions de laboratoire l’effet de telles variations dans la disponibilité du pollen sur leur santé : survie et physiologie des abeilles nourrices, développement des glandes hypopharyngiennes et niveau d’expression du gène de la vitellogénine.

Impact des pollens issus de l’agriculture intensive

Pour cela, nous avons nourri des abeilles avec différents régimes alimentaires, composés de pelotes de pollens collectées par des abeilles dans un paysage agricole de l’ouest de la France. De légères variations (5-10 %) dans la disponibilité en pollen de colza (Brassica napus L.) ont donné lieu à des réductions significatives de toutes les variables mesurées sur la santé des abeilles. En dépit des différences dans l’origine des pollens, leur diversité et la qualité nutritionnelle, les mélanges de pollens récoltés au cours de la saison ont eu une influence similaire sur la santé de l’abeille domestique, excepté pour celui collecté fin juillet. Celui-ci a induit une faible survie des abeilles et une réduction des variables physiologiques chez les nourrices. Cette période coïncidait avec la floraison du maïs (Zea mays L.), une culture anémophile qui produit du pollen de pauvre qualité nutritionnelle. Par conséquent, les modifications de la santé des ouvrières ont été moins reliées aux variations de la diversité des pollens qu’aux variations de la quantité et de la qualité des pollens issus d’un système d’agriculture intensive.

Finalement, même lorsque la disponibilité en pollen est non limitante grâce à la floraison de grandes cultures, il peut ne pas fournir un régime alimentaire adéquat pour le développement des abeilles (par exemple, maïs).

Auteurs :

Garance Di Pasquale1,2, Cédric Alaux1,3, Yves Le Conte1,3, Jean-François Odoux4,

Maryline Pioz1,3, Bernard E. Vaissière1,3, Luc P. Belzunces1,3, Axel Decourtye1,2,5

Lien vers l’article complet : di-pasquale-et-al-2016-plosone

1 UMT PrADE, Avignon, France,

2 ACTA, Avignon, France,

3 INRA, UR 406 Abeilles et Environnement, Avignon, France,

4 INRA, Unité expérimentale d’entomologie, Le Magneraud, France,

5 ITSAP-Institut de l’abeille, Avignon, France