Cas-type exploitation spécialisée dans la production de miel avec une miellée en grande culture et commercialisant l’intégralité en vrac

Par Itsap-Com, le 21 novembre 2019

Dans le cadre des travaux au sein du Réseau d’Exploitations de Référence, RER (technico-économique), l’ITSAP diffuse un cas-type réalisé en collaboration avec les Associations de Développement de l’Apiculture de Bourgogne Franche-Comté (ADA BFC) et de Nouvelle Aquitaine (ADA NA).

Les cas-types ont pour objectif de représenter le fonctionnement d’un système d’exploitation viable et reproductible. Le cas-type se veut représentatif d’un mode de fonctionnement de plusieurs exploitations similaires, et donc correspondant à des choix et des pratiques d’apiculteurs cohérentes dans un contexte défini. Les résultats décrits sont souvent supérieurs à la moyenne et peuvent être considérés comme des objectifs.

Le système décrit ici se base sur 4 exploitations enquêtées entre 2013 et 2015. Il a été construit collectivement, en se basant sur les données du Réseau d’exploitations apicoles de référence, par l’ITSAP et grâce à l’expertise de terrain de l’ADA BFC et de l’ADA NA.

Pour plus d’informations sur la méthode de construction des cas-types, se référer à l’article : Reseau d’exploitations apicoles de reference : methodologie des cas-types et des-cas concrets

Présentation des exploitations

Ces exploitations du Sud de l’Aquitaine et de Franche-Comté sont spécialisées dans la production de miels conventionnels, commercialisés intégralement en vrac (aussi dit « en fût » ou « en gros »). Les apiculteurs visent 3 miellées principales dont une en grande culture : une miellée de tournesol en Nouvelle-Aquitaine et une miellée de colza en Franche-Comté. En Nouvelle-Aquitaine, une certaine diversification est présente, avec la production de pollen et la réalisation de prestations de pollinisation en arboriculture (sur kiwi principalement). Les aléas climatiques sont responsables d’une production aléatoire selon les années.

L’ensemble du miel est conditionné en fûts de 300 kg. La vente en vrac permet aux producteurs de limiter le temps passé à la commercialisation et ainsi d’investir plus de temps sur les ruchers en saison.

Les prix de vente du miel en vrac sont influencés par le marché mondial du miel. Globalement, on observe une augmentation des prix de vente du miel vendu en vrac entre 2013 et 2015, puis après 2015 une diminution des prix. Ainsi, les résultats économiques des exploitations fluctuent annuellement selon les rendements de l’année et les prix de vente.

Chiffres clés du cas-type

TECHNIQUES

Rendement en miel : 25,5 kg / colonie hivernée

Productions : 18 tonnes de miel

Nourrissement : 3 kg équivalent sucre par colonie hivernée en Nouvelle-Aquitaine, 13 en Franche-Comté

Traitement contre Varroa : Apivar®

Taux de pertes hivernales : 15% (variable)

Nombre d’essaims créés par an : 210 avec introduction de cellules royales produites sur l’exploitation

ECONOMIQUES (hors taxe)

Prix moyen du miel : 6,75 HT / kg

Prix moyen des prestations de pollinisation en arboriculture : 40 € HT / colonie

Produit brut (hors éventuelles subventions d’exploitation) : 154 850 € HT (soit 218 € / colonie hivernée)

Charges totales : 117 150 € (soit 165 € /colonie hivernée)

Excédent Brut d’Exploitation : 74 050 €

Résultat courant : 37 700 €

Version courte du cas-type

Le document complet est accessible, sous format papier uniquement, auprès des ADA, du GPGR, de l’ITSAP et d’ADA France.

Nous remercions l’ADA BFC et l’ADA NA pour leur engagement et leur expertise ainsi que les apiculteurs qui ont accepté de donner de leur temps pour aider la filière à acquérir des données de références sur le fonctionnement des exploitations apicoles professionnelles.

Rédaction article : Chloé Juge et Cécile Ferrus
Contact : constance.beri(a)itsap.asso.fr et cecile.ferrus(a)itsap.asso.fr

Equivalent sucre : les produits distribués pour le nourrissement glucidique des colonies n’ont pas tous des concentrations en sucres équivalentes. Un taux de conversion est utilisé pour obtenir une quantité en « kg équivalent sucre », il correspond au taux de concentration en sucre du produit.
Produit brut : valeur des productions vendues ou stockées et des éventuelles subventions d’exploitation.
Excédent brut d’exploitation : différence entre le produit et les charges hors amortissements et frais financiers.
Résultat courant : indicateur de la rentabilité économique. Il est obtenu à partir de l’EBE auquel sont soustraits les amortissements et les frais financiers (frais financiers non pris en compte ici).