Cas-concret Exploitation diversifiée vente en direct sous label agriculture biologique

Par Itsap-Com, le 21 novembre 2019

Dans le cadre des travaux au sein du Réseau d’Exploitations de Référence, RER (technico-économique), l’ITSAP diffuse un premier cas-concret, réalisé en collaboration avec l’ADA AURA.
Les cas-concrets ont pour objectif de détailler les caractéristiques techniques et économiques d’une exploitation apicole donnée. Le cas-concret est un exemple de mode de fonctionnement correspondant à des choix et des pratiques cohérentes dans un contexte défini.

Le système décrit ici est en « rythme de croisière » et se base sur l’observation d’une exploitation enquêtée en 2013 et 2014. Il a été construit collectivement, en se basant sur les données du Réseau d’exploitations de référence de l’ITSAP (réseau RER), par l’ITSAP et avec l’expertise de terrain de l’ADA AURA. Les données ont été complétées par une enquête présentielle (ADA AURA et ITSAP) en 2018.

Pour plus d’informations sur la méthode de construction des cas-concrets, se référer à l’article : http://blog-itsap.fr/reseau-dexploitations-apicoles-de-reference-methodologie-cas-types-cas-concrets/

Présentation de l’exploitation

Les apiculteurs visent 3 miellées principales : acacia, châtaignier et montagne. Ils poursuivent parfois sur une miellée de sapin environ une année sur deux, si les conditions météorologiques propices à cette miellée sont réunies. Au total, 4,4 tonnes de miel sont produites en moyenne avec la miellée de sapin et 3,7 tonnes les années sans production de sapin.

L’exploitation propose une gamme diversifiée de produits : des miels de crû et des produits transformés faits à partir du miel de toutes fleurs (pain d’épices, nougat) ainsi que divers produits à base de propolis. Pour la commercialisation, les circuits courts sont privilégiés. La production est vendue soit en directe au sein de l’exploitation ou sur les marchés, soit dans les magasins spécialisés, type Biocoop.

La large gamme de produits proposés, le label Agriculture Biologique et la vente en direct permettent une bonne valorisation des produits.

Les deux apiculteurs travaillent 42h par semaine par personne (moyenne sur l’année hors vacances) et prennent chacun 17 jours de vacances par an.

Chiffres clés de ce cas-concret

TECHNIQUES

Rendement en miel : 13kg / colonie hivernée

Productions : 4.4 tonnes de miel, 2 tonnes de pain d’épices, 200 kg de nougat et divers produits à base de brocolis

Nourrissement : 10 kg équivalent sucre par colonie hivernée

Traitement contre Varroa : un traitement en fin de saison à l’acide oxalique ou formique et un traitement hivernal à l’acide oxalique

Taux de pertes hivernales : 30% (variable)

ECONOMIQUES (hors taxe)

Produit brut (hors éventuelles subventions d’exploitation) : 84 000 € HT (soit 240 € / colonie hivernée)

Charges totales : 39 500 € (soit 113€/colonie hivernée)

Excédent Brut d’Exploitation : 49 600 €

Résultat courant : 44 500 €

Résultat disponible : 49 600 €

Version courte du cas-concret

Le document complet est accessible, sous format papier uniquement, auprès des ADA, du GPGR, de l’ITSAP et d’ADA France.

Nous remercions l’ADA AURA pour leur engagement et leur expertise ainsi que les apiculteurs qui ont accepté de donner de leur temps pour aider la filière à acquérir des données de références sur le fonctionnement des exploitations apicoles professionnelles

Rédaction article : Chloé Juge et Cécile Ferrus
Contact : constance.beri(a)itsap.asso.fr et cecile.ferrus(a)itsap.asso.fr

Equivalent sucre : les produits distribués pour le nourrissement glucidique des colonies n’ont pas tous des concentrations en sucres équivalentes. Un taux de conversion est utilisé pour obtenir une quantité en « kg équivalent sucre », il correspond au taux de concentration en sucre du produit.
Produit brut : valeur des productions vendues ou stockées et des éventuelles subventions d’exploitation.
Excédent brut d’exploitation : différence entre le produit et les charges hors amortissements et frais financiers.
Résultat courant : indicateur de la rentabilité économique. Il est obtenu à partir de l’EBE auquel sont soustraits les amortissements et les frais financiers (frais financiers non pris en compte ici).
Résultat disponible : à partir de l’EBE, on retire les annuités des emprunts long et moyen terme ainsi que les charges financières (frais financiers court terme et les agios). Il correspond à la somme disponible pour les prélèvements privés (salaires notamment) et pour le développement de l’exploitation (autofinancement).