Les abeilles ont leur base de données

Par Itsap-Com, le 2 février 2017

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Ses compétences sur la gestion des données et des statistiques sont au cœur du projet IODA : Informatiser et Organiser les Données Abeilles. Rencontre avec Alexandre Dangléant.

Sur quels projets avez-vous travaillé avant IODA, qui a débuté en janvier 2016 ?

Alexandre Dangléant : Depuis 2013, date de mon arrivée à l’ITSAP, j’ai travaillé sur les données des essais de traitement anti-Varroa puis sur Resapi, qui étudie les pertes hivernales. Ensuite, j’ai coordonné une mission sur l’affaiblissement des colonies en saison, tout en démarrant IODA, prévu de janvier 2016 à juin 2017.

Quelle est l’origine de ce projet ?

A.D. L’ITSAP a été lauréat d’un appel à projet du CASDAR. Le dossier que nous avons présenté a pour objectif de constituer une base de données pour harmoniser, organiser, stocker et sécuriser les informations générées sur le terrain à l’échelle des colonies. A ce jour, aucun outil informatique de ce type n’existait pour recueillir les données expérimentales que nous générons sur les colonies d’abeilles. Grâce à IODA, nous pourrons mettre des données à disposition des chercheurs et des professionnels et créer des outils pour faciliter leur exploitation et leur valorisation, en générant par exemple des graphiques de qualité ou des tableaux de résultats englobant les indicateurs lesquels nous travaillons. Un exemple : quand l’Anses doit juger de la ré-homologation d’un pesticide, nous interrogeons la base pour en tirer des informations précises sur le nombre de fois où il apparaît dans nos échantillons, où il est trouvé, dans quel contexte, et si des symptômes sont concomitants de ces détections.

Quelles sont les données ciblées ?

A.D. Nous travaillons avec les ADA, dont les techniciens vont sur le terrain pour effectuer des relevés sur les ruchers d’apiculteurs professionnels. Puis ils nous font remonter les informations recueillies selon différentes méthodes éprouvées : ColEval, comptage de Varroa, méthode de prélèvement, etc. De cette manière, les données sont comparables d’une région à l’autre. Les données concernées sont donc les analyses ciblant les virus, les pesticides, les relevés de parasites, auxquels sont rattachés l’état de développement des colonies et une éventuelle symptomatologie. Ces informations sont complétées dans le cadre du testage de souches génétiques. Nous intégrons alors des critères comportementaux, comme la douceur des abeilles, la tenue au cadre, la récolte, la tendance à l’essaimage, la résistance à Varroa.

IODA se termine en juin 2017. Qu’aurez-vous mis en place à cette date ?

A.D. La base de données sera prête, avec des applications d’exploitation des données disponibles pour le réseau expérimental formé de l’ITSAP, des  ADA, de l’INRA et de l’ACTA (dans le cadre de l’UMT PrADE). Ensuite, nous travaillerons sur des applications à destination des apiculteurs professionnels dans l’idée de leur fournir des références. On peut imaginer une carte de France présentant les niveaux d’infestation en Varroa que nous observons dans nos relevés, par exemple. Ou toute autre statistique utile aux apiculteurs comme des références de l’état de développement des colonies à différents moment de l’année, ce qui serait sans précédent. De cette façon, nous donnerons une deuxième vie aux données issues du terrain.

Deux infographies pour en savoir plus sur IODA

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