A la recherche de la meilleure abeille

Par adminITSAP, le 1 octobre 2016

Pour mieux comprendre le déclin des colonies, une étude de grande échelle sur les interactions entre la souche génétique des insectes et leur environnement a été publiée en Allemagne.

11 pays d’Europe concernés

Un groupe de scientifiques au sein du réseau COLOSS a donc conduit une étude d’envergure pour suivre des colonies et analyser les causes de leurs disparitions.

Il faut souligner l’importance de ce travail qui porte sur plusieurs zones géographiques, soit 11 pays et 16 souches différentes d’abeilles.

L’étude a débuté le 1er octobre 2009 et s’est étendue sur une période de deux ans et demi. Toutes les colonies – créées pour l’occasion – ont été évaluées régulièrement. Les experts ont mesuré leur développement, la quantité de couvain, la vitalité de l’essaim, le comportement hygiénique, la présence de prédateurs et de virus (mais pas celles de polluants).

597 colonies étudiées

À l’issue de l’expérience, 94 colonies sur 597 ont survécu. Les causes principales des disparitions sont le Varroa et les problèmes de reines. Il faut ajouter dans une moindre mesure la famine, la rigueur de l’hiver, le pillage et la maladie. Nosema était également présent, mais les pertes attribuées à ce parasite de l’intestin ont été faibles. De la même manière, l’origine génétique des abeilles n’a pas non plus semblé avoir d’effet sur la fréquence des infections virales.

Le varroa est plus actif selon l’emplacement

L’étude de Coloss a mis en lumière que le varroa était plus actif dans certaines zones géographiques comme la Croatie ou la Bulgarie plutôt qu’en Pologne et en Italie.
A contrario, il a été démontré que l’origine génétique rentrait moins en ligne de compte dans l’infestation parasitaire.

D’autres recherches plus approfondies portant sur un plus grand nombre de colonies devront être menées pour enrichir ses données.

L’hybridation augmente l’agressivité

Des différences ont également été observées sur le comportement et les performances entre les souches qui provenaient de programmes de sélection et celles n’ayant pas subi de sélection particulière dans le passé. Si aucune n’a montré de performances supérieures à toutes les autres, celles présentant des signes forts d’hybridation étaient les plus agressives.

La meilleure abeille, un mythe ?

Voici la conclusion des auteurs sur cette étude : «la meilleure abeille (…) n’existe pas. (…) les abeilles locales se sont révélées non seulement comme celles ayant la plus longue durée de vie, mais dans de nombreux cas également comme celles ayant les meilleurs scores pour la douceur et la production de miel. » La recommandation des scientifiques impliqués dans cette étude est d’acheter des reines à des éleveurs locaux qui ont sélectionné et évalué leurs souches sur le long terme dans leur propre région.

Lire l’article complet de Marina Meixner et Ralph Büchler